Hommage à Francine Lelièvre
15 décembre 2020

Une vie consacrée à la mise en valeur du patrimoine

Une vie consacrée à la mise en valeur du patrimoine

Francine Lelièvre a consacré sa vie à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine. Elle a fait de Pointe-à-Callière, qu’elle quitte après y avoir œuvré pendant 30 ans, un véritable joyau : le plus important musée d’histoire à Montréal, le seul grand musée d’archéologie au Canada et une institution de classe mondiale. Elle se confie et lève le voile sur certaines questions indiscrètes.

Q. Vous avez commencé à travailler sur le projet de Pointe-à-Callière en 1989 en réalisant l’étude de faisabilité qui allait mener à la création du Musée en 1992. Le 4 avril de cette même année, un petit avion s’écrase sur le mont Saint-Joseph en Gaspésie avec six personnes à son bord. Une personne périra et les cinq autres survivront, dont vous. Comment avez-vous trouvé la force de vous lancer dans la création et la construction de Pointe-à-Callière après cette tragédie?

R. Cette année-là, j’avais beaucoup de projets à livrer alors je n’ai pas eu le temps de m’apitoyer sur mon sort. Puisque les gouvernements ont mis quelques mois avant de donner leur accord au projet, j’ai eu le temps de rétablir ma santé suite à cet accident.

J’ai dû faire un long séjour à l’hôpital – j’avais sept fractures –, et j’étais immobilisée. Mais je me suis toujours considérée très chanceuse d’avoir survécu. La vie m’accordait une deuxième chance. Du temps supplémentaire, quoi! Chaque journée est devenue un cadeau de la vie. Je vivais déjà à 100 à l’heure ; je me souviens avoir pensé qu’après mon rétablissement, j’allais tenter de mener une vie plus équilibrée. Mais, dès que je me suis remise sur pied, le naturel est revenu au galop. J’ai ainsi compris que malgré les événements de la vie, on reste soi-même bien qu’une telle épreuve fasse grandir. On se mesure toujours aux obstacles auxquels on se heurte. J’ai également appris que dans des situations difficiles, les relations humaines deviennent primordiales, c’est-à-dire que l’on ne se pose pas de questions, on s’entraide. Par la suite, je crois que j’ai été plus encline à prendre des risques, à faire confiance à mon instinct.

Ce qui a permis à notre petite équipe gravement blessée de survivre dans la forêt enneigée, d’attendre les secours pendant 24 heures, a été notre capacité à gérer la catastrophe comme on gère un projet. Le rapport des enquêteurs de Transports Canada stipulait que les conditions relatives à l’écrasement de l’avion ne présentaient aucune chance de survie aux passagers : l’ignorance du lieu du crash (la mer ou la forêt gaspésienne), l’impossibilité de lancer des recherches, puisque le ciel couvert empêchait toute visibilité, la neige, le froid, les animaux sauvages, les blessures graves de tous les passagers… Et pourtant, nous nous en sommes sortis vivants grâce au courage de tous et aux décisions qui ont été prises. Vous comprendrez que j’ai compris les bénéfices que pouvait apporter la gestion par projet.

Q. Pointe-à-Callière répond-il toujours, aujourd’hui, à la vision que vous aviez au moment de bâtir le Musée?

R. La vision qui a encadré la création du Musée est toujours valable, mais elle a évolué. Elle était basée sur l’authenticité et la priorité donnée aux lieux historiques et archéologiques afin de mettre en valeur les vestiges. Toute intervention sur ces vestiges devait être visible et réversible. Notre vision était également de créer un musée interdisciplinaire, à l’image de la société, un musée d’archéologie et d’histoire bien entendu, mais qui touchait aussi à l’urbanisme, à la sociologie et à l’anthropologie.

Notre programme architectural exigeait le respect de toutes les périodes de l’histoire de Montréal, ce qui signifiait que toute nouvelle construction devait refléter son temps, être contemporaine. Le bâtiment principal, l’Éperon, le reflète bien. On a choisi de parler des gens qui ont rêvé et qui ont bâti Montréal, mais dans un écrin contemporain, à l’aide de nouvelles technologies. Enfin, dans la présentation de l’histoire de Montréal, on a privilégié l’approche humaine.

Q. Quels sont les grands principes de gestion qui ont ponctué votre leadership?

R. Lors de mes 13 années à Parcs Canada, où je poursuivais le développement de lieux historiques et de parcs nationaux, j’ai été formée par des ingénieurs spécialistes de la gestion de projets. Cette méthode de travail était peu courante à l’époque dans le milieu culturel. J’ai également appliqué une gestion par objectifs et, encore aujourd’hui, notre comité de direction se réunit chaque semaine afin de faciliter le travail d’équipe. Chacun donne son point de vue sur les projets et les réalisations issus de tous les secteurs du Musée. On peut aussi parler de gestion participative qui, par la diversité des points de vue présentés, contribue à l’enrichissement du produit et des décisions.

Les valeurs qui ont guidé mon leadership sont l’équité, la créativité, la rigueur, l’engagement ainsi que la qualité du produit et des services. Enfin, j’ai aussi assuré mon leadership dans le développement tout en prenant des risques calculés. Je pense que cette façon de faire a permis au Musée de se démarquer grâce à des réalisations de grande qualité, fruit de toutes ses équipes.

Employés actuels et passés de Pointe-à-Callière, été 2017.
Photo : NH Photographes

Q. Quelles sont les réalisations dont vous êtes la plus fière…?

R. En tout premier lieu, je dois mentionner l’importante découverte historique que nous avons réalisée, le lieu de naissance de Montréal, par la mise au jour des vestiges du fort de Ville-Marie, premier établissement français qui a abrité les fondateurs de Montréal. En 2017, nous avons pu inaugurer un nouveau pavillon pour mettre en valeur cette découverte réalisée en marge des travaux menés en partenariat avec l’Université de Montréal par l’École de fouilles archéologiques de Pointe-à-Callière, école que j’ai contribué à mettre sur pied.

Nous avons par ailleurs gagné un audacieux pari, soit d’accueillir 500 000 visiteurs annuellement, dont quelque 100 000 jeunes. Je suis heureuse d’avoir fait de Pointe-à-Callière un musée intergénérationnel, fréquenté par les Montréalais dans une proportion de 60 %. C’est le Musée de la Ville de Montréal. Du côté des expositions internationales, ce fut une véritable satisfaction d’avoir fait venir à Montréal des collections exceptionnelles du patrimoine de l’humanité, comme les manuscrits de la mer Morte, ainsi que des pièces exceptionnelles du Japon préhistorique, des Étrusques, de l’Égypte et même des collections spectaculaires de la Grèce antique. Enfin, à en juger par ses nombreux prix, je peux dire que le Musée jouit d’une belle reconnaissance de ses pairs, qui rejaillit sur toutes ses équipes depuis 30 ans.

Q. Pourquoi les Montréalais, la Ville de Montréal ainsi que les partenaires et donateurs du Musée devraient-ils continuer à soutenir Pointe-à-Callière?

R. Parce que Pointe-à-Callière est un musée qui a du sens, basé sur l’authenticité des sites historiques qui le composent. Il est différent de tous les autres musées, il est typiquement montréalais, il est spécifique et distinctif. On y trouve toute l’histoire de Montréal au même endroit.

Si les Montréalais ont développé un fort sentiment d’appartenance, c’est que ce musée de classe mondiale contribue à leur fierté ; et c’est le seul endroit qui fait connaître leur passé pour mieux comprendre le présent. Le Musée fait rayonner la ville et il a une réelle valeur économique.

Pour continuer à se développer, Pointe-à-Callière a besoin du soutien du public et du privé. Soutenu financièrement par la Ville de Montréal, le Musée ne reçoit pas de fonds publics de Québec pour son fonctionnement, contrairement à quelque 400 musées au Québec. Il faut continuer à l’appuyer. C’est certainement ce que je vais faire aussi!

Exposition Reines d'Égypte
Photo : Caroline Thibault
Exposition Reines d'Égypte
Photo : Caroline Thibault

Hommage à Francine Lelièvre

Des témoignages empreints de respect et d’admiration

Alors que se profile votre retraite, l’heure est venue de célébrer votre carrière hors du commun, qui a littéralement marqué l’histoire de Montréal. En 1992, année du 350e anniversaire de Montréal, vous avez fondé le musée Pointe-à-Callière. Depuis, cette institution est devenue une incontournable de la métropole. Combien d’enfants, de familles, de jeunes et de moins jeunes ont découvert, grâce à votre vision, l’histoire de Montréal et certains de ses secrets les mieux gardés ? Et parce que votre passion est demeurée intacte malgré le temps qui passait, vous nous avez proposé, 25 ans plus tard, en 2017, la Cité d’archéologie et d’histoire, qui relie de manière originale une dizaine de lieux patrimoniaux et historiques. Votre contribution à l’histoire de Montréal et à sa diffusion est inestimable. Votre parcours suscite l’admiration et le respect. Votre départ créera certainement un grand vide, mais je suis convaincue que votre amour pour Montréal continuera de se transmettre de génération en génération. Bonne retraite, madame Lelièvre !

Valérie Plante, mairesse de Montréal


À titre de président du conseil d’administration du Musée et à titre personnel, je tiens à remercier chaleureusement Francine Lelièvre pour les 28 années qu’elle a consacrées au succès du Musée. Pendant toutes ces années, Francine a été l’âme du Musée et elle a su, avec ses équipes, faire de Pointe-à-Callière un musée dont les Montréalais peuvent être fiers. Grâce à Francine, l’avenir du Musée est prometteur. Francine, tu vas nous manquer. Bonne retraite !

Daniel Desjardins Ad. E., Bombardier Transport
Président du CA du Musée depuis 2019


La notoriété et la réputation de Pointe-à-Callière ne sont pas le fruit du hasard mais bien le reflet de la vision de l’entrepreneure culturelle qu’est Francine. Elle a consacré 30 années de sa carrière à préserver le patrimoine d’ici et la mémoire de notre société. À titre de Montréalais et de président de la Fondation Pointe-à-Callière, je te remercie, Francine, pour ta passion à faire connaître et à faire aimer l’histoire de Montréal.

Robert Dumas, président et chef de la direction, Sun Life Québec
Président du CA de la Fondation depuis 2016


Francine Lelièvre est une bâtisseuse infatigable qui lègue à Montréal un bijou de musée.

Sophie Brochu, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec
Présidente du CA du Musée de 2008 à 2012


Partageant cette même volonté de préserver et de faire rayonner notre patrimoine culturel et historique, Québecor a eu le grand privilège de collaborer avec Francine Lelièvre au cours des dernières années. En tant que partenaires, nous sommes fiers d’avoir contribué à ses côtés au développement et au déploiement du fort de Ville-Marie, un projet d’envergure d’une grande richesse pour notre société et pour les générations futures. À l’occasion de sa retraite, nous tenons à saluer son importante contribution, qui a fait du Musée Pointe-à-Callière la grande institution culturelle qu’elle est aujourd’hui !

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor


Bien avant le succès de Pointe-à-Callière se profile une femme de tête, sensible, immensément curieuse, à l’esprit en constante ébullition, à l’énergie apparemment inépuisable et dont la carrière impressionne par l’étendue et la diversité de ses réalisations. De la petite Gaspésienne pas toujours disciplinée à la fondatrice et directrice de Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre a toujours été animée par la passion de développer, d’innover et de réaliser de grands projets. Elle fait partie de ces rares personnes qui peuvent affirmer qu’elles ont toujours écouté l’instinct qui les portait vers ce qui les anime. Merci pour l’inspiration !

Laurent Lapierre, C. M., Ph. D. (McGill), professeur émérite, HEC Montréal
Fellow, Chaire de leadership Pierre-Péladeau


Une vie dédiée à la naissance, au développement et au rayonnement international de Pointe-à-Callière. Je désire rendre hommage à Francine Lelièvre, l’âme de ce Musée, pour sa vision, son infatigable dévouement et son admirable passion pour l’histoire, l’art, la culture et les gens qui les font vivre. Le Musée, Montréal et toutes les communautés qui font la richesse de cette ville et du Québec lui doivent beaucoup. Merci, Francine. Ce fut un privilège de travailler avec toi.

Jean-Yves Leblanc, administrateur de sociétés
Président du CA du Musée de 2002 à 2008


Louis Hector de Callière aurait aimé Francine Lelièvre, qui a fondé Pointe-à-Callière sur le site de sa résidence. Il l’aurait appréciée pour son audace, sa détermination, sa vision et son énergie à créer pour tous les Montréalais et nos touristes un site prestigieux, éducatif et convivial qui cristallise de grands pans de notre histoire. Qui plus est, Francine Lelièvre l’a fait avec amour pour Montréal, avec engagement envers l’histoire et l’archéologie et en soutien à la culture. Travailler avec elle fut un grand plaisir et une expérience enrichissante ; Francine relève les défis avec beaucoup d’expertise, de stratégie et de passion. Pointe-à-Callière est son héritage et nous devons tous lui en être reconnaissants. Nous devons aussi continuer à appuyer le développement du Musée en respectant les valeurs que Francine Lelièvre y laisse. Merci, Francine !

Jacques Parisien
Président du CA du Musée de 2012 à 2014


Je fais, depuis le début de ma carrière professionnelle, beaucoup de bénévolat à Montréal, et je me considère très chanceux d’avoir fait partie de l’équipe dirigée par Francine qui a vu naître le nouveau Musée. En effet, en 1996, je siégeais au conseil d’administration du Musée et me suis retrouvé, plusieurs années plus tard, président de ce même CA avec, bien sûr, Francine toujours à la barre ! J’avoue avoir beaucoup appris grâce à la sagesse, au jugement et aux actions de Francine. C’est la raison pour laquelle je la remercie personnellement et lui souhaite une belle retraite bien méritée. Je suis fier de Francine et je salue une « vraie » !

Andrew Molson, président du conseil d’AVENIR GLOBAL
Président du CA du Musée de 2014 à 2019


Dans certaines ligues sportives, il existe un temple de la renommée où l’on admet des athlètes, des entraîneurs et même des bâtisseurs qui ont marqué leur sport par leurs exploits ou leur contribution. Si une telle institution existait pour les musées, Francine Lelièvre serait indubitablement intronisée au rang de « Bâtisseuse ». C’est à bout de bras et avec une confiance et une énergie inébranlables qu’elle a vu naître et se développer le Musée que l’on connaît aujourd’hui. Francine, Pointe-à-Callière te sera éternellement redevable.

John LeBoutillier, président du conseil, Groupe Deschênes inc.
Président du CA de la Fondation Pointe-à-Callière de 1994 à 2001


Je félicite Francine Lelièvre, qui a fait preuve de passion et d’un leadership exemplaire depuis 30 ans. Son désir de faire de Pointe-à-Calière un des plus importants musées d’archéologie et d’histoire à l’échelle canadienne et internationale s’est réalisé. En fait, elle n’aurait rien accepté de moins. C’est Francine qui a mené les succès du Musée à de tels niveaux. Un immense merci d’avoir partagé ta passion avec les Montréalais et les Québécois.

Russell Goodman
Président du CA de la Fondation de 2011 à 2015


Francine Lelièvre figure parmi les grands noms de Montréal. Femme de talent, persévérante, résiliente, elle a su bâtir cette Cité de l’archéologie. J’ai connu Francine au début de cette magnifique aventure. Le premier segment de ce complexe muséal a débuté avec le désensablement du site historique pour découvrir les vestiges des fondations du Royal Insurance Building et des premières habitations sur lesquels nous avons assis le nouveau musée. Cette prouesse d’intégration urbaine, architecturale et structurale a été réalisée avec le grand ingénieur en structure Jacques Chartrand et son collègue Franz Knoll, qui ont su concevoir avec nous une structure protectrice des vestiges archéologiques de ce site fondateur de Montréal. Cette création architecturale partagée avec mon collègue Dan Hanganu, aujourd’hui décédé, a été encouragée et appuyée dans ses premières esquisses par Francine Lelièvre, une passionnée de l’architecture contemporaine. Elle a toujours compris l’importance de créer une architecture de son temps avec des interventions exceptionnelles de grande qualité. Elle a créé l’un des meilleurs musées d’archéologie en Amérique du Nord et dans le monde. Elle aura marqué son temps et su transmettre sa passion à toute la communauté et aux nombreux politiciens qui ont appuyé ses ambitions pour Montréal. Merci pour ce legs immense pour Montréal.

Claude Provencher, associé principal, Provencher_Roy


Lelièvre et la tortue. Francine Lelièvre était une fable en elle-même. Une épopée. Elle avait du lièvre cette rapidité d’esprit, cette vélocité mentale tant dans la préparation que dans l’exécution des mandats qu’elle se donnait. La promptitude avec laquelle elle agissait et réagissait face aux inévitables aléas de la direction d’un musée était digne de la course du lièvre à travers les champs… Et elle avait de la tortue cette patiente obstination, ce redoutable entêtement, cette douce persévérance qui faisaient que ses projets, qu’ils soient élémentaires ou protéiformes, finissaient par se concrétiser. Lelièvre et la tortue : elle réussissait à conjuguer ces deux extrêmes.

Laurent Blanchard, maire de Montréal par intérim, 2013


J’aimerais sincèrement te féliciter pour toutes tes réalisations et tous tes accomplissements depuis les 30 dernières années au sein de Pointe-à-Callière. J’ai pu constater ta passion, ton engagement et ton dévouement envers la mission de l’organisme lorsque j’ai eu le plaisir de coprésider la campagne de financement Cité en devenir de la Fondation Pointe-à-Callière. Au fil des ans, tu as réussi à faire de Pointe-à-Callière un complexe muséal et touristique unique au monde, qui se donne comme mission de préserver et de mettre en valeur une concentration exceptionnelle de sites et de bâtiments historiques d’envergure à Montréal. Bravo et bonne retraite !

Louis Vachon, Président et chef de la direction, Banque Nationale
Coprésident de la campagne Cité en devenir de la Fondation Pointe-à-Callière


Il est difficile, sinon impossible, de penser à Pointe-à-Callière sans penser à toi. L’impact de tes contributions à la réputation de notre Musée est partout. La liste des grandes réalisations grâce à l’intensité de tes efforts et à la ténacité que tu as toujours démontrée est plus qu’impressionnante. Tu laisses une grande institution destinée à faire partie de la vitalité et de la culture montréalaise pendant des décennies. C’était un énorme privilège de travailler avec toi ! Merci pour tout.

David McAusland, Ad. E, F.ICD, Conseil, McCarthy Tétrault LLP
Coprésident de la campagne Cité en devenir de la Fondation Pointe-à-Callière


Que de chemin parcouru depuis 1992 ! Je me souviens très bien de ma rencontre avec Jean Doré, alors qu’il me proposait la présidence du Conseil de Pointe-à-Callière. Il m’assura que Pointe-à-Callière était entre bonnes mains. Il ajouta qu’une Dame Lelièvre avait déjà reçu le mandat d’en diriger la création et l’expansion. En fait, ma plus grande crainte était d’œuvrer parmi des rêveurs qui refuseraient d’avoir les deux pieds sur terre, surtout sur le plan affaires avec tout ce que cela comporte. Quelques semaines ont suffi pour me convaincre que cela ne serait nullement le cas, bien au contraire : si le rêve était de mise, la réalité le serait tout autant. Pendant trois ans, j’ai vécu une expérience particulièrement enrichissante. Sous l’égide d’une excellente « prof » – Francine Lelièvre – qui faisait preuve de vision, j’ai beaucoup appris. Aux témoignages qui vous ont décrite comme une femme audacieuse, passionnée, déterminée et axée sur la qualité, j’ajouterais un trait de caractère que je pense essentiel pour réussir à un haut niveau : la capacité à « livrer la marchandise » tout en respectant les règles du jeu. Ce chemin parcouru depuis 1992 est énorme et vous en avez été la principale éclaireuse.

Jacques Allard
Président du CA du Musée de 1993 à 1995


Bravo pour la réalisation remarquable de Pointe-à-Callière. Quels bonheur et privilège d’avoir fait partie, dès le début en 1992, d’une équipe si dynamique et d’avoir fait un bout de chemin avec toi. Cette expérience a été pour moi très stimulante et enrichissante. Bravo pour cet immense succès, qui démontre bien que tu es une femme de vision, très talentueuse et compétente, innovante et audacieuse et au leadership inspirant. J’ai beaucoup apprécié ta confiance et l’importance que tu as accordée à la fonction des communications dans la vie du Musée. Bonne retraite, bien méritée !

Francine Bouchard, Première directrice des communications et du marketing de Pointe-à-Callière


Francine Lelièvre est d’abord et avant tout une femme passionnée et engagée. Avec audace et détermination, elle a créé un musée phare, bâti une cité incontournable et donné une identité incontestable au quartier historique de notre ville. Soutenue par une équipe performante et des experts chevronnés, elle a mené d’importants projets de recherches et contribué à l’avancement et à la diffusion des connaissances en archéologie au Québec et dans le monde. Grâce à sa rigueur et à sa créativité, elle a réussi à faire de Pointe-à-Callière un partenaire privilégié et un agent de changement au sein des réseaux nationaux et internationaux. Son legs est inestimable, mais, si le passé est garant de l’avenir, nous pouvons être assurés qu’elle saura encore nous surprendre !

Claude Benoit, muséologue


Le travail effectué par Francine et ses équipes depuis 30 ans est magistral. Musée municipal, Pointe-à-Callière est devenu un des grands musées d’archéologie et d’histoire en Amérique du Nord. C’est le cœur de Montréal, et aussi un moteur culturel, urbain et touristique. La meilleure façon de lui rendre hommage est de poursuivre son œuvre et de mener à terme le chantier de la Cité. Montréal expliquée aux enfants, Montréal capitale du Canada-Uni, Montréal et les Sœurs Grises : le travail ne manque pas. Merci, Francine, d’avoir donné à notre ville un peu plus d’âme et de sens.

Jean-Robert Choquet, Directeur de cabinet du maire Jean Doré (1986-1994) Directeur du Service de la culture de la Ville de Montréal (2004-2016)


Je connais Francine Lelièvre depuis 1965, alors que nous étudiions en histoire à l’Université de Montréal. Je l’ai surtout vue à l’œuvre, depuis 1990, à Pointe-à-Callière. J’ai pu y apprécier le dynamisme et le leadership de cette femme d’exception, dotée d’une capacité de travail hors du commun. J’ai été un témoin privilégié de sa détermination à mobiliser les énergies en faveur de son musée, depuis sa gestation jusqu’à son épanouissement. On lui doit la réputation exceptionnelle de cet établissement et la reconnaissance qu’il obtient, à Montréal comme à l’étranger.

Paul-André Linteau, historien et professeur émérite à l’UQAM


Je suis parmi ceux et celles qui ont eu le privilège de côtoyer Francine Lelièvre depuis ses premiers jours à la direction de Pointe-à-Callière. Pour nous architectes, Francine personnifie une grande rigueur et, surtout, une acuité visionnaire essentielle pour la réalisation des grands projets du Musée. Avec elle, le dialogue et les échanges soutenus ont toujours su faire évoluer les projets au-delà de leur conception initiale. Attentive, elle a fait preuve d’une écoute éclairée et sensible à nos préoccupations. Merci, Francine, pour votre conviction sans relâche et pour cette vision aiguisée qui ont su installer une Cité d’archéologie et d’histoire exemplaire au cœur du Vieux-Montréal.

Gilles Prud’homme, architecte, EVOQ Architecture


Quel plaisir d’avoir pu connaître et travailler avec Francine lors des célébrations du 375e de Montréal. Elle est une femme de vision et d’ambition, profondément engagée envers sa ville. Elle a su nous guider avec son expertise et sa connaissance historique. Francine, ce que tu as bâti à Pointe-à-Callière et ton engagement à faire rayonner notre métropole laissent un legs énorme aux Montréalais. Espérons que les générations futures sauront s’inspirer de tes réalisations et de ta vision toujours nécessaire. Merci de tout cœur d’avoir été là pour moi et pour nous tous, Montréalais.

France Chrétien Desmarais, ex-présidente, Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal


À l’aube d’une retraite bien méritée, après 30 ans à préserver et à faire vivre l’histoire de Montréal à travers des expositions exceptionnelles, je tiens à souligner la collaboration exemplaire unissant nos deux organismes, ces deux « voisins » que sont le Port de Montréal et Pointe-à-Callière. Ta grande expertise et ton amour profond pour l’histoire de notre métropole, incluant son histoire portuaire, ont fait l’objet de nombreuses discussions lors de nos lunchs d’affaires… et j’en garderai un souvenir précieux et heureux ! Que cette nouvelle ère de ta vie soit remplie de surprises et de temps de qualité avec les tiens.

Sylvie Vachon, présidente-directrice générale, Administration portuaire de Montréal


C’est à l’automne 2009 que nous entreprendrons ensemble une collaboration qui s’étendra sur une décennie. Ce furent des années de plaisir et de bonheur dans le sillage de cette femme d’exception chez qui je découvrais une ténacité, une résilience et une générosité peu communes. Elle aura à son actif non seulement de très grandes réussites professionnelles mais également quantité de reconnaissances nationales et internationales. Plusieurs fois, je lui disais qu’elle atteignait des succès incroyables tout en disposant des plus petits espaces des grands musées. Cette « docteure ès patrimoine » aura fait de Pointe-à-Callière « un si beau navire », comme elle le dira elle-même.

Gérald Grandmont, professeur associé HEC Montréal


En 1992, Francine Lelièvre faisait le pari que l’archéologie était le meilleur moyen de faire vivre l’histoire de Montréal. À travers Pointe-à-Callière, les Montréalais ont découvert avec fascination les trésors qui se cachaient sous le bitume, sur les lieux mêmes qui avaient vu naître notre cité. Près de 30 ans plus tard, des millions de visiteurs d’ici et d’ailleurs peuvent témoigner de la justesse de sa vision.

Nicole Beaudoin, présidente, Fondation J. Armand Bombardier


C’est à la fin des années 1980 que j’ai rencontré Francine. À titre de directeur général de la Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA), maître d’ouvrage du futur musée, je cherchais une gestionnaire pour mener à bien ce projet phare destiné à célébrer le 350e anniversaire de Montréal. J’ai pu apprécier le dévouement et la détermination de Francine, comme chargée de projet, puis comme première directrice du musée. Les circonstances ont voulu qu’à quelques mois de la livraison de l’immeuble, la Ville demande à la SIMPA d’en assurer l’exploitation pour au moins un an. Je ne voyais pas d’autre directeur du musée qu’elle, alors qu’elle avait, avec brio, mené le projet à ce jour. Elle avait une connaissance intime du contenu comme du contenant du musée. Qui d’autre aurait pu assumer cette tâche ? À quelques mois de l’ouverture, prévue le 17 mai 1992, je demandais à Francine pratiquement l’impossible, soit compléter un projet d’une grande complexité dans un temps record et monter simultanément une équipe pour en assurer l’exploitation muséale et commerciale avec sa boutique et son restaurant. Qui plus est, le salaire de directrice que je lui ai proposé était inférieur à celui qu’elle avait comme gestionnaire du projet. Francine a accepté le défi avec enthousiasme. Cet épisode illustre bien que Francine est l’incarnation même du musée. Elle est inséparable de son histoire. Francine laisse avec son départ une grande œuvre et un legs historique pour Montréal. Elle aura soutenu le musée avec une rare ferveur. Le nom de Francine Lelièvre est désormais indissociable de l’histoire de Pointe-à-Callière à qui elle aura consacré la plus grande partie de sa carrière.

Clément Demers, architecte et urbaniste, ancien directeur général de la SIMPA


Francine Lelièvre quitte le Musée, après l’avoir piloté depuis sa conception. Dès 1989, la SIMPA l’a engagée comme chargée de projet afin de définir les contours de son contenu, avec Sylvie Dufresne, pour que l’architecte Dan Hanganu puisse le dessiner et le construire. Un pari audacieux, car le Musée avait été choisi comme lieu d’inauguration officielle des fêtes du 350e anniversaire de Montréal, le 17 mai 1992. Pari réussi ! Francine, devenue directrice générale, tenace, entrepreneure, bourreau de travail, visionnaire, a conduit, avec son équipe, le Musée à la renommée internationale. Merci pour ton dévouement.

Florence Junca Adenot, ancienne présidente du conseil de la SIMPA


Sous la houlette de Francine Lelièvre, Pointe-à-Callière en est venu, au-delà de sa mission originale de faire aimer l’histoire de Montréal, à tisser des liens avec des musées étrangers pour offrir des expositions à caractère international. Elle a transformé le Musée en un pôle culturel et touristique de classe mondiale tout en valorisant le patrimoine montréalais. J’ai eu le plaisir, comme présidente du CA, de voir cette visionnaire en action. Elle a réussi, par des présentations audacieuses, à faire aimer l’archéologie, un domaine méconnu, tout en attirant un public jeune et issu des communautés culturelles. Francine a fait montre des vraies caractéristiques d’un leader – agilité, détermination, bonne communicatrice, humble, empathique –, une vraie femme de développement. Francine a préservé pour les prochaines générations un site unique de notre patrimoine.

Monette Malewski
Présidente du CA du Musée de 1998 à 2002


Francine Lelievre à la retraite ? Impensable... Depuis 30 ans, l’histoire de Montréal est tissée serrée par cette infatigable bâtisseuse de notre métropole, femme d’action, femme de projets, femme des deux passions, sa ville et son histoire. Personne ne résiste à Francine, personne ne dit non à Francine, car sa rigueur, sa vivacité et son pouvoir de persuasion ne connaissent pas de limites. Sa volonté d’agir et de laisser les marques du passage des siècles sur cette nouvelle terre, Montréal, a forcé bien plus que l’admiration et le respect de ses partenaires, comme Tourisme Montréal.

Notre musée Pointe-à-Calière, orgueil des Montréalais, est un musée de ville qui reçoit fièrement des milliers de visiteurs tous les ans. Avec Francine à sa tête, le Musée a acquis rapidement ses lettres de noblesse et est devenu le porte-étendard de notre histoire et de notre place dans le monde. La fierté se lit sur chaque projet de Francine ! La Maison-des-Marins, le Collecteur de mémoires, les expositions qui s’ouvrent sur le monde. Je ne peux passer sous silence, parmi les nombreux prix que Francine a reçus, le Prix du tourisme québécois, en 1994, et le Prix Ulysse, en 2012, témoignages de sa grande vision. Francine à la retraite ? J’ai du mal à croire qu’elle nous oubliera... Nous, certainement pas. Merci pour tout, madame Lelièvre !

Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal


Je tenais à te dire à quel point je suis admiratif de ce que tu as réalisé pour Montréal en prenant la direction de Pointe-à-Callière après avoir participé à sa conception. Tu as notamment renouvelé le concept de musée d’histoire en en faisant un musée populaire, savant, pédagogique, ludique, démocratique, innovant, un lieu de rencontres internationales avec les cultures et surtout un lieu largement fréquenté par divers publics. Mais le plus important à mon avis, c’est que tu en as fait un lieu de mémoire commun pour les Montréalais. Sincèrement, tu peux être fière de ce legs aux citoyens. Bref, tu as fait preuve de vision et de clairvoyance pour le monde des musées et de la muséologie.

Yves Bergeron, titulaire de la Chaire sur la gouvernance des musées et le droit de la culture, UQAM