Profils mécènes
31 août 2017

Charles Parent

Charles Parent
Photo : Caroline Bergeron

TOMBÉ TOUT JEUNE DANS LA MARMITE DE L’HISTOIRE

Conseiller en placement et vice-président de la Financière Banque Nationale, Charles Parent est associé à Pointe-à-Callière depuis près de 20 ans. Aujourd’hui actif à la Fondation du Musée, il a siégé pendant 10 ans au sein du conseil d’administration de la Société. Homme discret et posé, il s’anime quand la conversation s’oriente vers l’histoire. Conversation avec un passionné d’histoire...

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager auprès de Pointe-à-Callière?
Je suis un passionné d’histoire et d’archéologie. Le Musée joue un rôle essentiel pour faire connaître l’histoire — pas seulement celle de Montréal, mais aussi celle du monde, sur lequel il s’est ouvert avec des expositions comme celle sur les Grecs et celle sur les Aztèques. Nous sommes des citoyens du monde et nous vivons dans un village global, ce dont témoigne le Musée chaque fois qu’il fait une exposition sur les grandes civilisations, qu’elles proviennent du Pérou ou des steppes par exemple.

D’où vous vient cette passion pour l’histoire?
J’ai grandi dans la politique et il était donc naturel que je m’intéresse à l’histoire. Mon grand-père, Simon-Napoléon Parent, a été premier ministre du Québec; il était un proche de Wilfrid Laurier. Mon père a lui-même été député et, après son décès, ma mère s’est remariée avec un sénateur, Louis Gélinas. Tout récemment, je mangeais avec le petit- fils de Louis-Alexandre Taschereau [qui a succédé à Simon-Napoléon Parent comme premier ministre]!

Les voyages ont aussi nourri ma passion pour l’histoire. Très jeune, j’ai voyagé. À 15 ans, mon père m’a envoyé avec des Américains en Europe, pour me féliciter de mes résultats scolaires. L’Europe développe la curiosité! Ce voyage m’a aussi fait apprécier le Québec. Je suis retourné en France à l’âge de 17 ans, surtout dans l’ouest, la France de nos ancêtres. Au début de la vingtaine, j’ai visité l’Espagne. L’année suivante, en 1965, j’ai fait le tour du monde.

Vous êtes passionné d’histoire, mais vous travaillez en finance. Y a-t-il un lien entre les deux?
Les finances font partie du monde de la politique et celle-ci est une continuation de ce qu’on a fait avant. C’est un tout. Dans le monde de la finance, tout ce qui est humain nous intéresse !

J’ai fait des études universitaires en histoire canadienne et européenne. Puis, j’ai étudié la finance pour devenir représentant en valeurs mobilières chez Lévesque, Beaubien, qui est devenue la Financière Banque Nationale. Ma passion pour l’histoire a toujours été présente. D’ailleurs, je suis collectionneur depuis longtemps. J’ai monté une collection sur la Révolution française, puis une autre sur l’histoire canadienne.

J’ai pu faire don à Pointe-à-Callière de ma collection d’objets liés à l’histoire canadienne, surtout des livres. J’ai aussi monté une collection de livres de peintres français et une autre de gravures de Jacques Villon.

Pourquoi Pointe-à-Callière est-il si important?
Le site lui-même est remarquable — la rivière, les fortifications, le premier cimetière catholique — et il y a les expositions temporaires. La fréquentation du Musée est une preuve que sa mission répond vraiment à un besoin.

On reproche aux programmes scolaires de ne pas faire assez de place à l’histoire, de ne pas en parler assez, parce que les gens ne connaissent pas leur histoire. Le Musée supplée à ça et le fait d’une manière agréable pour les enfants.

Pour les touristes aussi, le Musée est important, tout comme pour les gens venus d’ailleurs qui vivent ici. Ça m’a fait très plaisir, l’autre jour, de voir des Mexicains au Musée, parce que l’une de nos missions, c’est d’intégrer le monde qui arrive de partout pour vivre au Québec.

Avant de réaliser l’exposition sur les Grecs, le Musée en a fait une sur l’Italie du Sud et sur les Étrusques, ce qui a créé de l’intérêt dans la communauté italienne. L’exposition qui a présenté les manuscrits de la Mer morte a aussi eu un résultat semblable. C’est tout le génie de la directrice générale, Francine Lelièvre, que d’avoir créé un Musée qui s’adapte à la réalité montréalaise, une ville de commerce, de transition et d’innovation.

  • Un article tiré du Magazine Cité - Automne 2015

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