Personnages historiques

Maisonneuve, premier bâtisseur de Montréal

Le cofondateur de Montréal, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, était issu d’une famille noble et a amorcé une carrière militaire dès l’âge de 13 ans.

Né le 15 février 1612 à Neuville-sur-Vanne, en Champagne, Maisonneuve s’est vite forgé une réputation d’homme honorable. Il s’est toujours tenu loin des dissipations de ses compagnons d’armes et a manifesté tôt une grande piété, selon ses biographes.

À l’approche de la trentaine, il est choisi par Jérôme Le Royer de La Dauversière et le père jésuite Charles Lalemant pour fonder Ville-Marie.

En mai 1641, Maisonneuve et la cofondatrice de Montréal, Jeanne Mance, quittent donc le port de La Rochelle à destination de la colonie. Après avoir hiverné dans la région de Québec, Maisonneuve prend possession de l’île de Montréal en mai 1642 au nom de la Société de Notre-Dame. Lui et Jeanne Mance y arrivent avec 35 hommes de tous les métiers.

Voici comment les Jésuites rapportent l’événement dans leurs Relations : « Le dix-septieme de May de la presente annee 1642, Monsieur le Gouverneur mit le sieur de Maisonneufve en possession de cette Isle, au nom de Messieurs de Mont-real, pour y commencer les premiers bastimens ; le R.P. Vimont fit chanter le Veni Creator, dist la saincte Messe, exposa le Sainct-Sacrement, pour impetrer du Ciel un heureux commencement à cét ouvrage : l’on met incontinent apres les hommes en besongne : on fait un reduit de gros pieux, pour se tenir à couvert contre les ennemis ».

Une colonie à bâtir… et à défendre

Maisonneuve devient ainsi gouverneur de l’île, dirigeant les premiers «Montréalistes» tout en organisant leur défense face aux incursions iroquoises qui surviennent dès 1643.

Il fait notamment construire le fort Ville-Marie près duquel est aménagé un cimetière catholique qui accueille les premières sépultures françaises (aujourd’hui dans les vestiges de Pointe-à-Callière dans le Vieux-Montréal).

Jeanne Mance et Maisonneuve se partagent le travail dans la colonie : alors que Maisonneuve est mandaté « pour le dehors et la guerre », Jeanne Mance voit au « soin du dedans ».

À compter de 1648, Maisonneuve octroie aux habitants les premières concessions et trace les premières limites de la ville selon le régime seigneurial. En 1653, grâce à l’appui de Jeanne Mance, il ramène de France une recrue de 120 hommes, bientôt suivie par Marguerite Bourgeoys et 100 soldats, ce qui contribue à accroître sensiblement le peuplement de l’île.

Néanmoins, les premières années de la colonisation à Montréal sont difficiles pour les quelques Français qui s’y trouvent : les conditions de vie sont peu reluisantes, le climat est hostile, la construction des maisons se déroule lentement et la cohabitation avec les Amérindiens n’est pas toujours facile.

En 1663, Maisonneuve abandonne la Seigneurie de Montréal aux Sulpiciens, et, deux ans plus tard, il reçoit son congé et retourne en France où il s’établit à Paris. Il meurt le 9 septembre 1676 à l’âge de 64 ans.

Des vestiges de l’époque

Des vestiges de cette époque reposent sous Pointe-à-Callière – le premier cimetière de Ville-Marie – et au 214 place D’Youville, site de l’École de fouilles de Pointe-à-Callière en partenariat avec l’Université de Montréal.

Les fouilles ont révélé des traces de pieux du fort, les vestiges d’une forge, d’un puits (celui que Maisonneuve fit aménager par Jacques Archambault en 1658 ?), d’un four à pain et de ce qui semble être une cuisine.

Des milliers d’artefacts évoquent le quotidien des pionniers et les activités liées à la traite. Les ossements d’une trentaine d’espèces animales différentes, qui auraient pu être consommées par les habitants du fort, témoignent aussi de la diversité de l’alimentation des premiers Montréalais.


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