Grands événements

La Grande Paix de Montréal

À l’été 1701, Montréal est le centre d’un événement historique majeur : la signature du traité de la Grande Paix. Ce traité met fin à plusieurs décennies de conflits qui opposent les Iroquois, alliés des Anglais, aux Français et à leurs alliés autochtones. Il marque ainsi un tournant dans les relations franco-amérindiennes et met en scène deux personnages principaux : Louis-Hector de Callière et Kondiaronk, grand chef huron wendat.

C’est en 1690 que s’amorcent des négociations entre Français et Autochtones pour mettre fin à plus de 100 ans de conflits centrés autour du commerce de la fourrure. Ces négociations, entreprises par Frontenac, gouverneur de Nouvelle-France, culminent sous la gouverne du successeur de ce dernier, Louis-Hector de Callière. Après plusieurs années d’ultimes négociations marquées par des revers et revirements, plus de 1300 délégués de 39 nations autochtones du nord-est de l’Amérique se rejoignent finalement à Montréal, en août 1701, pour convenir d’une paix générale entre eux et avec les Français.

Pendant une semaine, de délicates tractations et de longs discours se succèdent, mais c’est l’intervention du grand chef huron wendat, Kondiaronk, qui marque le point tournant des négociations. En effet, grâce à un discours décisif, il parvient finalement à convaincre les factions les plus résistantes de conclure une entente. Épuisé et affaibli par la maldie, Kondiaronk décède le lendemain de ce discours et des funérailles lui sont organisées à Montréal.

Le 4 août 1701, les délibérations prennent fin : les délégués des nations autochtones apposent chacun un dessin totémique au bas du document que Louis-Hector de Callière signe au nom du roi de France.

Louis-Hector de Callière
© Archives nationales du Québec
Kondiaronk
Illustration : Francis Back

Une entente qui perdure

Avec la Grande Paix de Montréal, les Autochtones renoncent à la guerre; ils s’en remettent aussi aux Français pour régler leurs divergences et acceptent de partager leurs territoires de chasse. Les Iroquois, pour leur part, s’engagent à rendre leurs captifs, à demeurer neutres lors de conflits entre la France et l’Angleterre et à ne plus s’opposer à la fondation de Détroit, au cœur des Grands Lacs. En retour, les Iroquois, affaiblis par un très long conflit, obtiennent la liberté de commerce. Le gouverneur de Callière promet de son côté d’offrir des marchandises à moindre coût aux Autochtones.

Finalement, cette Grande Paix freine l’expansion continentale des colonies britanniques tout en facilitant celle de la Nouvelle-France. Comme l’avait souhaité de Callière, l’entente perdure malgré quelques conflits dans les années suivantes et consolide le grand réseau d’alliance déjà en place entre les Français et les Amérindiens, réseau qui se maintient jusqu’à la conquête de la Nouvelle-France par les Britanniques en 1760.

Pointe-à-Callière commémore l'événement

Cet événement majeur est tombé dans l’oubli au fil des siècles, tant dans les manuels d’histoire que dans la mémoire collective. Ce n’est que dans les années 1990 que des recherches et des actions sont menées pour raviver le souvenir de ce chapitre. Le belvédère du Mont-Royal est renommé en 1997 au nom du chef Kondiaronk. De plus, la présence autochtone est au cœur de l’exposition permanente du Musée Pointe-à-Callière, fondé en 1992 : il s’agit du premier musée au Québec à commémorer la Grande Paix de Montréal en faisant graver des pictogrammes amérindiens – extraits du traité de 1701 – sur l’une des quatre plaques de cuivre apposées à la surface de la place Royale.

Le tricentenaire de l’événement a aussi été souligné en 2001 par une série d’événements dont une exposition à Pointe-à-Callière – 1701 La Grande Paix de Montréal – où est exposé le manuscrit du traité de la Grande Paix. De plus, la ville de Montréal a renommé une portion de la place d’Youville, Place de la Grande-Paix-de-Montréal, là où se trouve l’obélisque en hommage aux fondateurs de Ville-Marie, mais qui représente aussi les lieux même de la signature du traité.

La Place de la Grande-Paix-de-Montréal est située sur la place D'Youville, dans le Vieux-Montréal, là où se trouve l'obélisque qui rend hommage aux fondateurs de Ville-Marie.

Finalement, en 2014, Pointe-à-Callière ajoute à sa collection l’œuvre de l'artiste Nicolas Sollogoub intitulée 1701. La Grande Paix de Montréal. Cette majestueuse verrière fait maintenant partie intégrante de l’exposition Ici naquit Montréal et peut être admirée de tous les visiteurs. Formée de 16 panneaux, faisant 6 mètres de long par 1,5 mètre de haut (20 pieds par 5 pieds) l'œuvre illustre à la fois le lieu de signature du traité ainsi que les principaux acteurs qui ont pris part à l'événement. La verrière est faite de plexiglas peint, gravé et rehaussé de vernis acrylique apposé sur deux plaques de verre.

Le gouverneur Louis-Hector de Callière au moment de la signature du Traité de la Grande Paix de Montréal.
Illustration : Francis Back

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Louis-Hector de Callière, un gouverneur illustre