Ses bâtiments et ses structures
Comme tout sol archéologique, Pointe-à-Callière s'explore suivant un parcours à la fois vertical et horizontal, jalonné par des vestiges laissés par les siècles. Pointe-à-Callière se déploie ainsi en six bâtiments et structures : l’Éperon, la place Royale et la crypte archéologique, l’Ancienne-Douane, la Station de pompage D’Youville, l’École de fouilles archéologiques et la Maison-des-Marins.
L'Éperon

La place Royale et la crypte archéologique

Reliant l'Éperon et l'Ancienne-Douane, la place Royale retrouve, à la belle saison, la vocation d'animation qui fut sienne dès les premières heures de Montréal, le temps d'un spectacle, d'un récital ou... d'un Marché public dans l’ambiance du 18e siècle!
La place Royale, située près du lieu d'origine de la ville, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la petite rivière Saint-Pierre, a livré, lors des recherches archéologiques et historiques menées depuis 1979, des vestiges fascinants relatant la vie quotidienne des Amérindiens et des Montréalais. Elle surplombe les vestiges des fortifications et d'édifices érigés aux 17e, 18e et 19e siècles.
La crypte archéologique, quant à elle, se trouve sous la place Royale et relie, en sous-sol, l’Éperon et l’Ancienne-Douane. Les vestiges archéologiques et artefacts abrités dans la crypte font partie de l’exposition permanente Ici naquit Montréal.
L'Ancienne-Douane

Oeuvre de l’architecte John Ostell, cet édifice a été érigé entre 1836 et 1837 pour loger la douane de Montréal. Agrandie en 1881, l’Ancienne-Douane accueille aujourd’hui la Boutique du Musée, au rez-de-chaussée et l’exposition permanente Les amours de Montréal – Au carrefour des cultures, au deuxième étage.
L'ancienne maison de la Douane compte parmi les premiers éléments architecturaux à témoigner de la presence britannique à Montréal. Cet édifice néo-classique est la première réalisation importante de John Ostell, architecte, ingénieur et arpenteur.
La Station de pompage D’Youville

Transformée en lieu d’interprétation, la Station de pompage D’Youville, située au 173, place D’Youville (à quelques pas de l’Éperon), est la première station de pompage des eaux usées de Montréal à fonctionner à l’électricité.
Construit en 1915, le bâtiment abrite une machinerie qui a traversé près d’un siècle. Moteurs, pompes, vannes, équipements électriques ont été conservés et les voici tous réunis pour nous parler de l’usage du lieu, de ses mécanismes intimes, du mode de fonctionnement et d’une histoire à plusieurs niveaux. C’est à l’ingénieur Stuart Howard, anglais de naissance, que l’on doit la conception de la station. Avec l’allure néo-classique de sa façade et sa belle brique écossaise, la station représente un pas important dans l’évolution technologique et civique de la ville au 20e siècle.
L’École de fouilles archéologiques

En janvier 2000, Pointe-à-Callière a fait l’acquisition de la propriété sise au 214, place D’Youville. Situé à proximité de l’Éperon, l’édifice a été construit au 19e siècle sur une partie du lieu de fondation de Montréal. Pendant plus de 75 ans, le site a été occupé par la compagnie Townsend, qui approvisionnait les bateaux du port de Montréal. La compagnie fournissait, jusqu’en 1998, tout le nécessaire pour que le navire et son équipage fassent bon voyage. Depuis 2002, s'y trouve l’École de fouilles archéologiques de Pointe-à-Callière. Le Musée mène des recherches qui ont permis de retrouver les vestiges du château de Callière et du fort de Ville-Marie.
La Maison-des-Marins

L’édifice de la Maison-des-Marins, situé au 165-169 place D’Youville, est la plus récente acquisition immobilière du Musée. En 1875, le Montreal Sailor’s Institute s’installe sur cet emplacement pour desservir les marins de la marine marchande en escale à Montréal. En 1940, les anciens bâtiments se révèlent exigus et, en plein conflit mondial, le Conseil d’administration de l’organisme demande à l’architecte C.R. Titley de concevoir les plans d’un nouvel édifice. La construction est toutefois retardée jusqu’en 1953, à cause d’une pénurie de matériaux et de main d’œuvre. En 1987, les Oeuvres de la maison du Père acquièrent le bâtiment pour héberger des hommes en difficulté. L’édifice portera dorénavant le nom de Résidence du Vieux-Port.
Pointe-à-Callière obtient l’édifice en 2004 pour y accueillir les groupes scolaires. Le Musée dispose dorénavant de plusieurs salles pour des ateliers et des collections éducatives. De plus, cet édifice sera transformé en Maison de l’Archéologie dans le cadre du projet d’expansion de Pointe-à-Callière.
Son architecture
Construire aujourd’hui, sur hier et pour demain
L'Éperon
La mémoire nous permet de garder le souvenir du passé et de nous rappeler les événements qui ont marqué la fondation de Montréal. Afin de respecter cette mémoire, les architectes ont veillé à ce que l’Éperon s'ancre dans le contexte architectural existant. Bel exemple d’intégration aux bâtiments anciens, son architecture contemporaine retrouve les proportions de l’ancien bâtiment de la Royal Insurance Company qui occupait précédemment le site.
L’Éperon s’intègre aux façades des autres immeubles bâtis le long de la rue de la Commune pour créer une continuité visuelle. Il s’intègre au quartier historique en respectant la ligne des toits. La proportion des pleins et des vides et l’effet de transparence rendu par la fenestration mettent en valeur l’environnement patrimonial qui l’accueille.
Par sa structure caractéristique et aisément repérable, la tour de l’Éperon devient le point de mire de cet ensemble de bâtiments.
« Bâtir et préserver en même temps : tel était le défi, à la fois contraignant et stimulant que nous avions à relever », nous confie l’architecte Dan S. Hanganu.
L’Éperon, bâtiment contemporain, est un ouvrage de maçonnerie édifié au-dessus des vestiges souterrains, et l’intervention contemporaine est clairement identifiée. Il repose sur un système complexe de pieux qui pénètrent jusqu’au roc. L’Éperon est « posé » sur le terrain de manière à préserver les vestiges archéologiques, mais aussi de manière à permettre de futures fouilles.
À divers endroits, des percées ménagées dans les murs permettent aux visiteurs d’observer les vestiges sur lesquels le nouveau bâtiment a été construit. Dans l’Éperon, le passé et le présent se côtoient avec harmonie.
L'Ancienne Douane
Les architectes LeMoyne Lapointe Magne ont traité l’Ancienne-Douane comme un monument. Ils ont conservé intactes l’enveloppe et les ouvertures, pour se concentrer sur l’aménagement de l’intérieur.
L’Ancienne-Douane côtoie les assises des bâtiments disparus et les vestiges des premières fortifications de Montréal. Bâtie en 1836 par l’architecte John Ostell, la Douane était à l’origine de forme carrée. En 1881, on l’agrandi en déplaçant la façade de quelques mètres vers la rue de la Commune. On a un aperçu de cet élargissement lorsque l’on circule dans le sous-sol de cet édifice.
Outre son style architectural palladien, ce bâtiment ancien se caractérise par des textures, des finis, des patines et des qualités de construction que les travaux de restauration ont su respecter.
Partir d’un acquis inspirant et le rehausser, c'est innover certes, mais dans la continuité.
Ici l’architecte a misé sur la transparence : préserver les charpentes existantes, les dévoiler et ne rien cacher. Tous les systèmes modernes et complexes de chauffage, de ventilation, d’électricité, de contrôle d’humidité et de prévention d’incendie sont intégrés et logés au grenier de l’Ancienne-Douane.
Les architectes ont rénové le bâtiment en respectant son caractère historique et en l’adaptant aux besoins actuels de la muséologie.
Tiré de : Pointe-à-Callière, toute une expérience. / [rédacteur, Marc Boudreau ; collaboration, Nicole M. Boisvert... et al.]. pp. 30-35
Les architectes et les prix de reconnaissance
Architecte principal, Éperon et crypte archéologique : Dan S. Hanganu / Provencher Roy, architectes
Architecte-conseil, Ancienne-Douane : Lemoyne Lapointe Magne, architectes et urbanistes
- Prix du Gouverneur Général pour l’architecture, Dan S. Hanganu et Provencher Roy, architectes, médaille remise à Pointe-à-Callière, 1994
- Grand Prix de l’Ordre des architectes du Québec, remis à Dan S. Hanganu et Provencher Roy, Architectes, pour la réalisation de l’Éperon et de la crypte de Pointe-à Callière, 1993
- Prix Orange, décerné par l’organisme Sauvons Montréal, pour l’architecture de l’Éperon et pour l’insertion réussie d’un bâtiment en milieu urbain, 1992
- Certificat d’excellence, décerné par l’Événement Design graphique, pour l’Ancienne-Douane, dans la catégorie Design environnemental, 1992
Fiche technique
| Nom | Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal |
| Image visuelle | ![]() Références géographiques (pointe, contour ondulé des berges), architecturales (volumétrie triangulaire de l'Éperon, tour et ascenseur) et muséologiques (stratigraphie; verticalité). |
| Date d'ouverture | 17 mai 1992 (dans le cadre des fêtes du 350e anniversaire de Montréal). |
| Fréquentation annuelle moyenne | Plus de 350 000 visiteurs, de tout âge et de toute provenance. |
| Superficie du Musée | 10 690 m2 (superficie d'exposition : 5 970 m2) |
| Thématique | Montréal, carrefour d'échanges et de commerce |
| Expositions | 4 permanentes et 2 expositions temporaires par année |
| Maître d'ouvrage | Ville de Montréal |
| Maître d'oeuvre | Société immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA) |
| Partenaires | Communications Canada Bureau fédéral de développement régional (Québec) Ministère des Affaires culturelles du Québec Ville de Montréal |
| Gestion du projet | Directrice: Francine Lelièvre, Processus inc. Chargé de projet, architecture: Yves Roy Chargée de projet, recherche/muséologie: Sylvie Dufresne |
| Architecte principal | Dan S. Hanganu/Provencher Roy |
| Architecte-conseil | Lemoyne Lapointe Magne Architectes et Urbanistes (Ancienne-Douane) |
| Ingénieurs en structure et génie civil | Nicolet Chartrand Knoll ltée |
| Ingénieurs en mécanique et électricité | Liboiron Roy Caron & Associés inc. |
| Entrepreneurs | Construction Fitzpatrick Canada ltée Construction Canvar Les entreprises Véral inc. Les fondations Géodex inc. |
| Recherche historique | Raymond Montpetit, coordonnateur Paul-André Linteau, historien Jean-Claude Marsan, architecte et urbaniste Jacques Mathieu, historien; et leurs équipes |
| Recherche archéologique et chantiers de fouilles | Ville de Montréal Société du Vieux-Port de Montréal Arkéos Arkhis Ethnoscop Groupe de recherche en histoire du Québec Société d'archéologie et de numismatique de Montréal (S.A.N.M.) |
| Financement | Coût du projet : 27 500 000 $ Gouvernement du Canada : 12 000 000 $ Gouvernement du Québec : 9 000 000 $ Ville de Montréal : 6 500 000 $ |






